Presque : pendant la période d’essai, employeur comme salarié peuvent rompre le contrat librement, sans motif, sans procédure et sans indemnité de rupture — mais chacun doit respecter un délai de prévenance, qui va de 24 heures à 1 mois selon le temps de présence. C’est tout l’intérêt (et le risque) de l’essai : la rupture est simple, mais elle n’est pas instantanée dès que vous avez plus de quelques jours d’ancienneté.
Le délai de prévenance en un tableau #
| Temps de présence | Si l’employeur rompt | Si le salarié rompt |
|---|---|---|
| Moins de 8 jours | 24 heures | 24 heures |
| De 8 jours à 1 mois | 48 heures | 48 heures |
| De 1 à 3 mois | 2 semaines | 48 heures |
| Plus de 3 mois | 1 mois | 48 heures |
Ces délais sont fixés par l’article L1221-25 du code du travail pour l’employeur (L1221-26 pour le salarié). La rupture n’a pas à être motivée, mais un écrit daté (remise en main propre contre décharge ou recommandé) est vivement conseillé pour prouver le point de départ du délai.
Que se passe-t-il si le délai n’est pas respecté ? #
Si l’employeur ne respecte pas le délai de prévenance, il vous doit une indemnité compensatrice égale aux salaires et avantages que vous auriez perçus jusqu’au terme du délai (sauf faute grave de votre part). En revanche, la période d’essai ne peut pas être prolongée pour « absorber » le délai de prévenance : si le préavis dépasse la fin de l’essai, l’employeur paie la différence, il ne vous garde pas plus longtemps à l’essai.
Une liberté qui a des limites #
« Sans motif » ne veut pas dire « pour n’importe quel motif » : une rupture d’essai liée à une discrimination (grossesse, santé, origine, syndicat…), à un motif disciplinaire sans procédure, ou manifestement étrangère à l’évaluation de vos compétences (rupture la veille de l’arrivée, par exemple) peut être contestée aux prud’hommes. En cas de doute, consultez un syndicat, l’inspection du travail ou un avocat.
Ai-je droit au chômage si mon essai est rompu par l’employeur ?
Oui, en règle générale : la rupture à l’initiative de l’employeur est une perte d’emploi involontaire. Inscrivez-vous à France Travail.
Et si c’est moi qui romps l’essai ?
C’est assimilé à une démission pour l’assurance chômage, sauf cas particuliers (notamment après une démission légitime ou selon votre historique récent). Vérifiez votre situation auprès de France Travail avant de rompre.
L’employeur doit-il me verser quelque chose au départ ?
Pas d’indemnité de rupture, mais tout le travail effectué est payé, avec l’indemnité compensatrice de congés payés acquis et, le cas échéant, l’indemnité de non-respect du délai de prévenance.
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Peut-on rompre l’essai pendant un arrêt maladie ?
La rupture ne peut pas être motivée par l’état de santé (discrimination). Situation sensible : faites-vous conseiller avant d’agir.