Oui, la prise de références est légale — mais uniquement si vous en avez été informé au préalable : un recruteur ne peut pas appeler vos anciens employeurs « dans votre dos », et les questions doivent rester strictement professionnelles. Le code du travail (article L1221-8) impose d’informer expressément le candidat des méthodes de recrutement utilisées, et la CNIL rappelle que le recueil de références suppose l’information préalable de l’intéressé. En pratique, les recruteurs sérieux demandent un accord, idéalement écrit.
Ce que le recruteur peut demander — et ce qui est hors limites #
| Autorisé (éléments factuels et professionnels) | Interdit |
|---|---|
| Dates et durée du poste, intitulé de fonction | Santé, situation familiale, grossesse |
| Nature du contrat, missions confiées | Opinions politiques, religion, syndicat |
| Résultats, compétences observées | Vie privée en général, rumeurs, appréciations dénigrantes |
| Contexte du départ (factuel) | Tout élément discriminatoire (plus de 25 critères protégés) |
Votre ancien employeur n’a d’ailleurs aucune obligation de répondre, et il engagerait sa responsabilité en tenant des propos mensongers ou dénigrants à votre sujet.
Et votre employeur actuel ? #
C’est le point le plus sensible : contacter l’employeur actuel d’un candidat encore en poste peut griller sa candidature et sa situation. Aucun recruteur correct ne le fait sans votre feu vert explicite. Si on vous demande des références, vous pouvez parfaitement fournir d’anciens managers ou collègues en excluant votre poste actuel.
En entretien aussi, certaines questions sont interdites #
La règle est la même qu’au téléphone : les informations demandées à un candidat doivent avoir un lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé (article L1221-6). Êtes-vous enceinte ? Quelle est votre religion ? Êtes-vous syndiqué ? Avez-vous des problèmes de santé ? — ces questions n’ont pas leur place en entretien, et vous n’êtes pas tenu d’y répondre sincèrement lorsqu’elles sont sans lien avec le poste. En cas de discrimination à l’embauche, vous pouvez saisir gratuitement le Défenseur des droits ou vous rapprocher de l’inspection du travail.
Puis-je refuser la prise de références ?
Oui. Un refus sur l’employeur actuel est parfaitement compris ; proposez d’autres référents pour ne pas bloquer le processus.
Le recruteur peut-il vérifier mes diplômes ?
Oui, la vérification des diplômes et certifications est admise — c’est en lien direct avec l’emploi. Mentir sur un diplôme peut justifier un licenciement ultérieur.
Que risque un recruteur qui appelle sans me prévenir ?
Il s’expose sur le terrain du code du travail et du RGPD (collecte déloyale de données). Documentez les faits si cela vous a porté préjudice et faites-vous conseiller.
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Un ancien employeur peut-il refuser de me faire un certificat de travail ?
Non : le certificat de travail est un document obligatoire remis à la fin du contrat, distinct de la prise de références.