Les chiffres du troisième trimestre 2026 sont tombés et ils confirment une tendance qui s’installe : le nombre de demandeurs d’emploi continue de grimper en France. Publiées le mercredi 28 octobre par la Dares et France Travail, ces statistiques dessinent un marché du travail qui se grippe, avec une situation particulièrement préoccupante pour les jeunes. Derrière les pourcentages, il y a aussi un effet de loupe lié aux nouvelles règles d’inscription, qu’il faut comprendre pour lire ces données correctement.
Plan de l'article
3,35 millions d’inscrits sans aucune activité #
Entre juillet et septembre 2026, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A — c’est-à-dire sans aucune activité — a progressé de 0,9 %, soit 30 400 inscrits supplémentaires. Le total atteint désormais 3,35 millions de personnes en France, comme le détaille ABC Bourse. Sur un an, la hausse s’établit à 2,1 %.
En élargissant le périmètre aux catégories A, B et C — qui incluent les personnes exerçant une activité réduite —, la progression est de 0,8 % sur le trimestre et de 2,4 % sur douze mois. Autrement dit, la dégradation ne se limite pas aux personnes totalement privées d’emploi : elle touche aussi celles qui enchaînent les missions courtes et les temps partiels subis.
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Les moins de 25 ans encaissent le plus #
C’est le signal le plus inquiétant de cette publication. Chez les moins de 25 ans, le nombre d’inscrits sans aucune activité bondit de 2,4 % sur le trimestre, une progression nettement supérieure à la moyenne nationale. Sur un an, la hausse atteint 2 % pour cette tranche d’âge en catégorie A, et même 3,4 % en incluant l’activité réduite.
Pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail cet automne, le contexte est donc nettement moins porteur qu’il y a deux ans. Les entreprises gèlent des recrutements, allongent leurs processus d’embauche et privilégient les contrats courts. Pour rappel, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail s’établissait à 8,3 % au deuxième trimestre, et grimpait à 21,6 % chez les 15-24 ans, selon les données reprises par Sud Radio.
Un effet statistique à ne pas négliger #
Faut-il pour autant conclure à un emballement du chômage ? Pas si vite. La Dares elle-même invite à la prudence : une partie de la hausse s’explique par la loi pour le plein-emploi, qui a instauré l’inscription automatique à France Travail des allocataires du RSA et des jeunes suivis en parcours d’insertion.
Une fois ces effets neutralisés, la hausse de la catégorie A au troisième trimestre retombe à 0,3 %, contre 0,9 % dans les statistiques brutes. Sur un an, elle passe de 2,1 % à 0,9 %. La Dares précise que ces évolutions « ne reflètent donc pas des évolutions conjoncturelles » dans leur intégralité. Le marché du travail se dégrade bien, mais moins brutalement que les chiffres bruts le laissent penser.
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Des radiations en chute libre
Autre facteur qui gonfle mécaniquement les listes : les sorties pour radiation administrative se sont effondrées. Le ministère du Travail évoque environ 3 700 sorties par mois en moyenne au troisième trimestre 2026, contre 45 000 début 2025, une conséquence de la réforme du régime des sanctions. Moins de radiations, c’est davantage de personnes qui restent comptabilisées, même lorsque leur situation n’a pas changé.
Ce que cela change pour votre recherche d’emploi #
Pour les candidats, ces chiffres ont des implications concrètes. D’abord, la concurrence s’intensifie sur les offres publiées : il devient d’autant plus important de soigner chaque candidature plutôt que d’en multiplier les envois. Un CV adapté à l’offre, une lettre qui répond précisément aux besoins exprimés et une relance ciblée font davantage la différence dans un marché tendu.
Ensuite, les jeunes diplômés ont intérêt à élargir leur spectre : alternance, CDD tremplins, secteurs en tension comme la santé, les métiers techniques ou la logistique restent des portes d’entrée réelles, même quand les grandes entreprises ralentissent leurs embauches. L’accompagnement proposé par France Travail et les missions locales, renforcé par la loi pour le plein-emploi, peut aussi être mobilisé plus systématiquement qu’avant.
Enfin, ces statistiques rappellent une règle de lecture utile : le nombre d’inscrits à France Travail n’est pas le taux de chômage. Les deux indicateurs ne mesurent pas la même chose, et les réformes administratives peuvent faire bouger le premier sans que la réalité économique change au même rythme. Les prochains chiffres de l’Insee sur le taux de chômage au sens du BIT, attendus dans les semaines à venir, permettront d’y voir plus clair sur la tendance de fond.
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Une chose est sûre : après plusieurs trimestres de hausse continue, le marché du travail français aborde l’hiver 2026 en position de fragilité, et les candidats comme les recruteurs devront composer avec cette nouvelle donne.




