Jeunes diplômés : l’insertion des grandes écoles ralentit, le stage devient la porte d’entrée

Le diplôme d’une grande école ne suffit plus à garantir un poste dans les mois qui suivent la sortie. Les chiffres de la Conférence des grandes écoles (CGE), repris et analysés cette semaine dans la presse économique, décrivent un premier emploi plus long à trouver, des salaires d’entrée qui plafonnent et des ingénieurs particulièrement touchés. Pour tous les jeunes qui cherchent un premier poste cet automne, diplômés de grandes écoles ou non, ces résultats donnent quelques repères utiles.

Un recul de quatre points en un an #

D’après Le nouvel Économiste, qui revient le 5 novembre sur la 34e enquête d’insertion de la CGE, le taux net d’emploi de la promotion 2025 atteint 76 % six mois après le diplôme. Il était de 80,2 % pour la promotion précédente, soit un recul de 4,2 points en un an. Les ingénieurs sont ceux qui reculent le plus.

Ce taux appelle une précision. Il rapporte les diplômés en poste aux seuls diplômés présents sur le marché du travail, qu’ils aient un emploi ou qu’ils en cherchent un. Ceux qui poursuivent leurs études ne sont pas comptés. La CGE a interrogé les diplômés de 210 écoles entre novembre 2025 et mars 2026. Autrement dit, sur quatre jeunes diplômés qui voulaient travailler, un n’avait toujours pas de poste six mois plus tard.

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Ingénieurs, managers, autres écoles : des écarts réduits #

Le CIDJ, qui détaille les résultats par filière, note que les écarts restent limités. Environ 77 % des diplômés d’écoles d’ingénieurs ont un emploi moins de six mois après la fin de leurs études, contre 74,5 % pour les écoles de management et 72 % pour les autres écoles spécialisées (architecture, art, journalisme…).

Côté rémunération, le salaire annuel brut moyen reste proche de 40 000 euros, mais sa progression ralentit nettement. Les diplômés d’écoles de management restent un peu mieux payés, autour de 41 000 euros brut annuels en moyenne, contre 39 000 euros pour les autres. Ces écarts dépendent beaucoup du secteur d’arrivée : dans le conseil, les managers sont les mieux payés, alors que dans les technologies de l’information et de la communication, ce sont les ingénieurs.

Un marché qui recrute moins #

Ces difficultés ne viennent pas des écoles elles-mêmes. Elles s’inscrivent dans un ralentissement général des embauches. Le CIDJ rappelle que, selon l’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail, les entreprises prévoyaient environ 2,3 millions de recrutements pour 2026, le niveau le plus bas depuis 2018. Quand les employeurs ouvrent moins de postes, les débutants sont souvent les premiers à le ressentir : ils n’ont pas d’expérience à mettre en avant face à des candidats plus aguerris.

Stage et alternance, la porte d’entrée la plus sûre #

L’enseignement le plus concret de l’enquête concerne les expériences faites pendant les études. Plus de quatre diplômés en emploi sur dix travaillent chez l’entreprise qui les a accueillis en stage ou en alternance, souligne le CIDJ. Pour un recruteur, quelques mois passés ensemble valent mieux que n’importe quel entretien : il a vu le candidat travailler avant même la remise du diplôme.

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Pour ceux qui sont encore en formation, la conséquence est simple. Le stage de fin d’études ou le contrat d’alternance n’est pas seulement une ligne sur le CV. C’est souvent le recrutement lui-même. Il vaut mieux le choisir dans une structure capable d’embaucher, et dire clairement, avant la fin de la mission, que l’on souhaite rester.

Si vous êtes déjà sorti sans poste

Pour les jeunes diplômés de 2025 encore en recherche, quelques réflexes aident à raccourcir l’attente :

  • recontacter les anciens tuteurs de stage ou d’alternance, même plusieurs mois après, car un poste a pu s’ouvrir depuis ;
  • élargir la recherche géographique ou sectorielle, puisque le niveau de salaire et la facilité d’accès varient fortement d’un secteur à l’autre ;
  • passer par les forums et les job datings, qui se multiplient en novembre dans de nombreuses villes, pour rencontrer directement les recruteurs.

Ce que ces chiffres disent aux autres candidats #

Les diplômés des grandes écoles restent parmi les profils les mieux insérés du marché. Si leur taux d’emploi recule, la tension est au moins aussi forte pour les jeunes moins diplômés. Le message vaut pour tous : dans un marché qui recrute moins, ce qui fait la différence est l’expérience déjà acquise et le réseau construit pendant la formation, plus que la seule ligne du diplôme.

Ces résultats concernent une promotion sortie il y a plus d’un an. La prochaine enquête de la CGE dira si le ralentissement s’est installé ou si les embauches de débutants reprennent.

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