Ikea France a ouvert, le lundi 19 octobre, un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui touche d’abord son siège francilien et ses fonctions administratives. L’enseigne parle de « potentiellement un maximum de 303 postes » supprimés et de 100 postes créés en parallèle. Pour les salariés concernés, comme pour celles et ceux qui envisagent de postuler chez le géant du meuble, c’est le moment de comprendre comment se déroule un PSE et ce qu’il change concrètement.
Plan de l'article
Ce que l’entreprise a annoncé #
Selon la dépêche AFP reprise par L’Express Franchise, Ikea France a annoncé par communiqué jusqu’à 303 suppressions de postes. Le siège situé en région parisienne et les fonctions administratives sont les premiers concernés. En face, l’enseigne prévoit de créer 100 postes pour renforcer des expertises qu’elle juge essentielles. Le solde net tourne donc autour de 200 emplois en moins, sur un effectif de plus de 12 000 salariés en France.
Pour justifier ce plan, l’entreprise invoque une concurrence de plus en plus forte. Toujours selon la même source, Ikea France a réalisé un chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’euros sur son exercice décalé 2024-2025. Elle exploite 38 magasins, dix ateliers et cinq dépôts.
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La lecture des syndicats #
La CFDT, syndicat majoritaire dans l’entreprise, donne une autre ventilation. D’après son délégué central Abdel Mekki, cité par L’Express Franchise, le projet compte 164 suppressions de postes. Une centaine d’autres postes seraient redéployés dans les différentes unités et une quarantaine de salariés se verraient proposer un avenant à leur contrat de travail. La comptabilité, les ressources humaines et les fonctions administratives sont en première ligne.
Force ouvrière se montre plus alarmiste. Interrogée par Sud Radio le 22 octobre, Aurélie Santiago, déléguée syndicale chez Ikea, estime que des caissiers et des préparateurs en entrepôt seront aussi touchés, parfois avec trente ans d’ancienneté. Elle explique que les salariés avaient été rassurés sur leur emploi trois mois plus tôt. La radio souligne par ailleurs que l’enseigne se dit toujours rentable. Le périmètre exact des postes reste donc à préciser au fil des négociations.
Le calendrier : un dialogue social jusqu’en mars 2027 #
Le dialogue social a commencé le jour de l’annonce et doit durer jusqu’en mars 2027, avec une réunion des représentants du personnel prévue début novembre. Ce délai n’a rien d’anormal : un PSE suit une procédure d’information et de consultation du comité social et économique (CSE). La direction doit aussi faire valider ou homologuer le plan par l’administration du travail (la DREETS). Tant que cette étape n’est pas franchie, aucun licenciement économique ne peut être notifié.
Avenant, redéploiement, licenciement : trois situations différentes
La ventilation donnée par la CFDT montre bien qu’un PSE ne se résume pas à des licenciements. Un salarié dont le poste est supprimé peut se voir proposer un reclassement interne, c’est-à-dire un autre poste dans l’entreprise. L’employeur a l’obligation de rechercher ces reclassements avant tout licenciement.
L’avenant au contrat, lui, intervient quand l’employeur propose de modifier un élément essentiel du contrat : fonctions, lieu de travail, temps de travail. Le salarié peut le refuser, mais ce refus peut ouvrir la voie à un licenciement pour motif économique. Avant de répondre, il vaut la peine de se faire accompagner par un représentant du personnel.
Ce que les salariés concernés peuvent faire dès maintenant #
Première règle : ne rien signer dans l’urgence. Les mesures d’accompagnement (aides à la formation, à la création d’entreprise, congé de reclassement, primes de départ volontaire le cas échéant) sont justement l’objet de la négociation qui s’ouvre. Elles peuvent évoluer d’ici le printemps.
Deuxième réflexe : faire le point sur son parcours. Les fonctions support visées (comptabilité, paie, administration du personnel) restent recherchées dans beaucoup de secteurs, souvent avec des outils proches. C’est le bon moment pour mettre à jour son CV, lister ses compétences transférables et vérifier les droits accumulés sur son compte personnel de formation.
Troisième point : se renseigner auprès des élus du CSE. Ce sont eux qui reçoivent les documents de la direction et peuvent expliquer les critères d’ordre des licenciements, qui tiennent compte de l’ancienneté, des charges de famille ou des difficultés de réinsertion.
Un mouvement qui dépasse la France #
Le plan français s’inscrit dans un contexte plus large. Le 24 septembre, Inter Ikea Group avait annoncé environ 850 suppressions de postes dans le monde, dont près de 300 en Suède, comme le rappelle la dépêche reprise par L’Express Franchise. Ce plan mondial ne vise pas directement la France, mais il montre une même logique : alléger les fonctions centrales pour concentrer les moyens sur les magasins et la vente en ligne.
Pour les candidats qui visaient le siège d’Ikea, le message est clair : les recrutements administratifs risquent de rester gelés pendant la négociation. Les 100 créations annoncées pourraient en revanche ouvrir des portes sur des profils plus spécialisés. Mieux vaut surveiller les offres publiées par l’enseigne dans les prochains mois.




