Moins d’offres, plus de concurrence entre candidats et une part de CDI qui s’effrite : les dernières publications de l’Indeed Hiring Lab, le service d’études économiques du site d’emploi, décrivent un marché du travail français nettement moins favorable aux candidats qu’il y a deux ans. Le panorama européen d’octobre, publié le 28 octobre, place même la France parmi les pays où les annonces ont le plus reculé depuis le début de 2020. Voici ce qu’il faut en retenir quand on cherche un poste cet automne.
Plan de l'article
Des offres en net repli #
Dans sa note consacrée à la France, publiée le 1er octobre, l’économiste Lisa Feist relève une baisse annuelle de 16,6 % des offres d’emploi en septembre 2026, contre 20 % un an plus tôt. Le recul ralentit donc un peu, mais il se poursuit.
Le panorama du 28 octobre, qui s’appuie sur les annonces publiées jusqu’au 16 octobre, situe l’indice français des offres à 89, la base 100 correspondant à février 2020. La France fait ainsi partie des pays qui enregistrent les plus fortes baisses depuis cette date. À titre de comparaison, l’Espagne se situe à 145 et l’Italie à 139, tandis que le Royaume-Uni est encore plus bas, à 69.
À lire Demandeurs d’emploi au troisième trimestre 2026 : la catégorie A repart à la hausse
Tous les métiers ne sont pas logés à la même enseigne
Selon la note d’octobre, la baisse sur un an va de -7 % en génie industriel à -31,1 % en création artistique et design. Quelques familles de métiers restent au-dessus de leur niveau d’avant la pandémie : la restauration, le commerce de détail, le nettoyage et l’assainissement, ainsi que certains métiers de la santé et de la protection.
À l’échelle des grandes économies européennes, le Hiring Lab observe que les métiers de la santé affichent toujours la demande la plus forte, des soins infirmiers à l’aide à la personne. À l’inverse, les recrutements restent atones dans le marketing, les médias et le développement logiciel.
Le CDI recule dans les annonces #
Deuxième enseignement : la nature des contrats proposés évolue. Chez les employeurs directs, hors intérim, la part des CDI dans les offres dont le contrat est précisé est passée de 78 % en 2024 à 75 % en 2026. Le mouvement n’est pas uniforme. La part de CDI progresse dans la construction (+8 points), la production et la fabrication (+3 points), le transport routier (+3 points) et la logistique (+2 points). Elle chute en revanche dans le nettoyage et l’assainissement (-18 points), les médias et la communication (-8 points) et la pharmacie (-8 points).
Autrement dit, les secteurs qui peinent à recruter continuent de miser sur le contrat durable pour attirer et fidéliser, tandis que d’autres se tournent davantage vers des formules plus courtes.
À lire Taux de chômage à 8,3 % au T2 2026 : pourquoi il remonte et ce que ça change pour vous
Des salaires affichés qui progressent peu #
Côté rémunérations, la note d’octobre indique que la croissance annuelle des salaires affichés dans les annonces atteignait 1,7 % en août 2026, pour une inflation de 2,6 % sur la même période. Le panorama européen confirme que la France a enregistré la croissance des salaires affichés la plus faible de l’ensemble des pays observés.
Le chômage, lui, a augmenté de 0,4 point sur un an selon le panorama. Celui des 15-24 ans redescend légèrement de son pic récent, mais s’élève toujours à 20,6 % en septembre.
Ce que cela change pour votre recherche #
Le Hiring Lab résume la situation ainsi : les candidats font face à une concurrence accrue, et les employeurs disposent d’un plus grand choix. Dans ce contexte, envoyer le même CV à des dizaines d’annonces rapporte moins qu’avant. Mieux vaut cibler, adapter sa candidature à chaque offre et mettre en avant des réalisations concrètes plutôt qu’une liste de missions.
Regarder là où ça recrute encore
Les données pointent aussi des pistes. La santé, l’aide à la personne, la restauration, le commerce de détail ou la logistique restent demandeurs, et plusieurs de ces secteurs proposent davantage de CDI qu’il y a deux ans. Pour une reconversion, ces métiers en tension méritent un regard attentif, d’autant que des formations courtes permettent souvent d’y accéder.
À lire CFO et CFA : quelle différence en finance (et les faux amis)
Négocier, mais avec des arguments
Avec des salaires affichés qui progressent moins vite que les prix, la négociation reste possible mais doit s’appuyer sur des éléments solides : rémunérations pratiquées dans le métier et la région, compétences rares, expérience directement transférable. Les annonces qui affichent une fourchette de salaire sont aussi un bon repère pour situer ses prétentions.
Enfin, la note relève que des pénuries persistent dans certains métiers, liés à des besoins structurels ou à des services essentiels. Le marché est plus sélectif, mais il n’est pas fermé : il récompense davantage les candidatures préparées et les profils qui savent se positionner là où la demande tient.




